Bédés et mangas

Tu trouveras ci-dessous différents titres de bédés et de mangas qui ont pour thème le harcèlement.  Pour chacun d'eux, outre les références, nous te proposons un bref résumé ainsi qu'un court avis critique.  Un lien te renverra parfois à une critique plus détaillée.  L'âge est indicatif.  

Si toi aussi tu as des titres à proposer, n'hésite pas à nous les envoyer (cf. Nous contacter). 

BOUSQUET Charlotte & RUBINI Stéphanie, Mots rumeurs, mots cutter, Gulf Stream éditeur

 

Après une soirée entre copines qui, après coup, a tout l'air d'un guet-apens, un "gage ou vérité" qui tourne mal, une photo compromettante prise à son insu et diffusée pour nuire, la vie scolaire de Léa bascule dans l'horreur. Elle perd son amoureux, ses copines, sa dignité... Si, au début, elle cherche à comprendre, se défendre, elle finit - inexorablement - par se replier sur elle-même, vaincue par les moqueries et les brimades incessantes de quelques-uns... Au bord du gouffre, trouvera-t-elle une main tendue pour l'empêcher de sombrer ?

Sans jamais tomber dans le sordide, les deux auteurs, Charlotte Bousquet pour le texte et Stéphanie Rubini pour le dessin, décortiquent toute la mécanique du harcèlement scolaire : son origine, son carburant, ses conséquences, tant physiques que psychologiques... Au bout du chemin, l'espoir est cependant là, pour peu qu'on accepte de faire un pas vers l'autre, peut-être différent mais qui se présente en ami.  Pour ne rien gâcher, cet album est aussi un très bel objet qui attire au premier regard. 

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DE RADIGUES Max, Orignal, Shampooing, Editions Delcourt

Cette bédé en noir et blanc de 152 pages raconte l'enfer subi par Joe, un adolescent comme les autres. Victime de harcèlement à l'école et sur les trajets, il essaie tant bien que mal de fuir son agresseur, prenant des chemins détournés pour l'éviter. Un matin, il tombe nez à nez avec un orignal ou élan. L'animal, puissant, lui donnera-t-il la force d'échapper aux coups, aux mauvaises blagues, aux sanctions qui retombent finalement toujours sur lui et aux nombreux visites à l'infirmerie de l'école ?

Ce récit, tout en sobriété, prend réellement aux tripes. Le lecteur se demande pourquoi personne ne voit rien, ne dit rien ; pourquoi la victime se tait elle-aussi... Il met ainsi en lumière l'infernale mécanique du harcèlement et de la chape de silence qui l'entoure.

De fil en aiguille, on découvre que le nœud du problème se situe, comme souvent, dans une faille du harceleur. De manière implicite, on comprend que, finalement, ce qui attise sa haine ce n'est pas la situation familiale particulière de sa victime mais le fait qu'il soit entouré d'amour...

Quant au final - que je vous laisse découvrir -, il est plutôt original et pose nécessairement question. Si on assiste à un revirement de situation qui de prime abord fait plaisir, surtout qu'on ne sent pas une once de repentir dans le chef du harceleur, très vite on s'interroge : jusqu'à quel point peut-on pousser le "ça lui servira de leçon" ?

Volontairement, l'auteur nous laisse en plein doute et nous offre, en écho à la vignette d'ouverture, une dernière vue sur ce passage enneigé de la Nouvelle-Angleterre qui sert de décor à toute l'histoire et qui, ici, recèle dans ses entrailles, un terrible secret !

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Romans 1R-2R

De nombreux romans jeunesse abordent également cette thématique.  En voici quelques exemples qui s'adressent plus particulièrement aux élèves de 1ère et 2e années.

ANDRIAT Frank, Je voudr@is que tu..., Lampe de poche, Grasset jeunesse

Dans ce récit de vie "Je voudr@ais que tu...", l'auteur met les jeunes en garde contre les dangers liés à l'utilisation des réseaux sociaux et les encourage à avoir de vraies relations "en chair et en os". Son épigraphe est d'ailleurs très explicite :"Il y a autour de vous des personnes qui ont besoin que se renouent les fils d'une solidarité perdue" Vincent Engel, Oubliez Adam Weinberger.

La narration se partage entre les pages du journal intime de Salomé, qui veut devenir écrivain et qui y révèle ses vrais secrets, et les échanges de la bande d'amis sur leur "chat d'or". Cette alternance rend le récit vivant et actuel. Bien sûr, la partie "chat" semblera très certainement artificielle puisque nos héros ont décidé d'écrire sans faute ce qui, on le sait tous, est une fameuse gageure sur le net. Néanmoins, cette façon de procéder - un récit pour les jeunes, vécu et raconté par d'autres jeunes - permet d'ouvrir le débat d'une manière concrète, saine et constructive sur un thème brulant d'actualité : internet et ses dérives...

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HASAN Yaël, M comme..., Casterman junior

Les moqueries, Mylène, élève de 5e, a déjà dû y faire face l'an dernier, lorsqu'elle était en 6e. Une bande de filles lui menait la vie dure en raison de sa flamboyante chevelure rousse (seul point commun qu'elle partage avec la chanteuse !). Mais comme lui disait son papa : "Le plus grand des mépris est le silence." Pourtant, les choses se corsent cette année lorsque, après une semaine de vacances passées chez ses grands-parents, ses ex-meilleures amies se liguent avec une nouvelle pour lui pourrir l'existence... Heureusement, elle peut compter sur Mathieu, son amoureux rencontré en vacances ; sur Mamadou, son grand "frère" protecteur et sur cette idée de médiation scolaire pour se tirer de ce mauvais pas !

Dans ce court roman de 136 pages où chaque chapitre commence par un mot en "M", l'auteure nous présente une héroïne bien dans son époque. Une ado comme une autre, confrontée aux joies et aux difficultés de la vie : côté pile, un premier amour, une famille aimante, de bonnes amies ; côté face, le divorce de ses parents, le remariage de son père, la violence entre pairs, ...

L'originalité du propos n'est pas tant de s'étendre sur cette violence - assez vite réglée heureusement en ce qui concerne notre héroïne - mais de nous proposer une solution - celle de la Médiation par les pairs. Une méthode bien réelle, née dans les années 80 aux Etats-Unis. On assiste donc ici à la mise en place de cette stratégie dans l'école de Mylène, avec ses succès - indéniables - mais aussi ses limites et ses écueils.

Un récit qui donne envie d'en savoir plus sur cette approche qui semble porter ses fruits. Aussi, en fin d'ouvrage, deux adresses internet nous sont données pour aller plus loin dans la réflexion.

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TENOR Arthur, L'enfer au collège, Tranche de vie, Milan poche junior

Ce récit parle, vous vous en doutez, des brimades et du harcèlement à l'école.  L'auteur alterne les chapitres qui portent simplement le prénom des deux protagonistes. Il nous fait entrer ainsi dans la tête de la victime comme du bourreau et met en lumière tout le mécanisme pervers du harcèlement.  L'intervention d'une tierce personne amène progressivement le harceleur à prendre conscience de la gravité de ses actes et à en assumer les conséquences...

A la fin, l'auteur nous explique les raisons qui l'ont amené à écrire ce roman et publie le témoignage poignant de la maman d'une jeune victime.

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Romans 3R-4R

Ces romans, de part leurs contenus ou leurs manières d'aborder les choses, s'adressent davantage aux èlèves du 2e degré.

BEAUVAIS Clémentine, Comme des images, Sarbacane

Comme souvent chez les vrais jumeaux, il y a l'extravertie, la brillante Léopoldine, la coqueluche de l'école, qui vient de plaquer Tim, le beau gosse, pour Aurélien, son antithèse, et Iseult, plus introvertie, qui ne quitte pas son carnet de croquis. Entre les deux, la narratrice, celle qui est témoin du raz de marée qui s'abat sur le petit microcosme que constitue leur lycée.  En effet, un matin, tout l'entourage de Léopoldine (parents, professeurs, élèves) reçoit un mail avec une vidéo des plus compromettantes, une sextape qu'elle avait tournée pour Tim.  Au fil de la journée, on assiste à un huit clos dans un monde impitoyable où il n'y a pas de place pour les plus faibles...

Autour de ce sujet délicat et combien d'actualité de l'atteinte à la vie privée, l'auteure évoque en effet un univers loin d'être rose. Non ! Les jeunes ne sont pas sages comme des images. Ils peuvent se montrer cruels et d'une indifférence effarante. Cet événement les ébranle si peu au final. Génération zapping, en à peine une journée, ils ont tôt fait de passer à autre chose. A commencer par la principale intéressée qui se préoccupe davantage des conséquences que pourrait avoir cette mésaventure sur son avenir professionnel que de sa réputation dans son lycée. Habituée à jouer de son image, cet événement l'écorne à peine.

Faux-semblants ; amitiés factices, qui se font et se défont ; poids quasi insoutenable des attentes des parents, de la société ; difficultés d'être soi, d'exprimer ses sentiments ; l'auteure nous dépeint une jeunesse qui n'est vraiment pas simple à vivre.

Un texte moderne où l'auteure mélange avec art réflexions de sa narratrice et documents variés, règlement d'ordre intérieur, conversations instantanées sur Facebook, etc. Le tout formant un récit vif qui vous entraîne toujours plus loin dans la découverte des travers de notre société individualiste.  Un roman qui plaît énormément mais qui dérange tout autant puisqu'il appuie là où ça fait mal !

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Romans 5R-6R

Un série de titres pour les plus grands...